Différentes approches de l’innovation ont été développées, elles privilégient chacune des problématiques différentes. Joseph Schumpeter a introduit la distinction entre l’invention qui est une nouvelle capacité technique et l’innovation qui est son adoption par le marché. Selon le niveau du changement envisagé on parlera d’innovation incrémentales ou en rupture. La rupture étant souvent caractérisée par un progrès important sur le plan de la performance mais aussi par un changement du marché lui-même.

Seconde distinction, celle qui concerne les moteurs de l’innovation. On distingue classiquement l’innovation poussée (push) par la technologie ou tirée (pull) par le marché. Cette distinction a été élargie depuis a poussée par la réglementation et tirée par…. Plutôt associée à des solutions poussées la diffusion de l’innovation a été modélisée selon les caractéristiques de l’innovation elle-même et celles du milieu d’accueil.

Enfin alors que l’on considérait essentiellement l’innovation technologique, le manuel d’Oslo propose des innovations de quatre types : produit, procédé, commercialisation et organisation. …. Et définit donc qu’« une innovation est la mise en œuvre d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures ».

Toutes ces distinctions gardent une pertinence, mais elles sont dépassées par les approches des systèmes d’innovation. Dans un premier temps on a envisagé les systèmes nationaux d’innovation qui considèrent les relations entre les institutions les organismes de recherche et différents acteurs économiques et sociaux. Cette approche a inspiré des politiques publiques, et s’est décliné au niveau territorial par des initiatives de systèmes locaux d’innovation des clusters et autres pôles de compétitivité.  Du côté du secteur privé des arrangements autour d’entreprises « pivots » le plus souvent dans le domaine de l’information et de la communication, ont été qualifiés d’écosystèmes d’affaire.

La diversification des systèmes d’innovation va impliquer de façon nouvelle le consommateur, l’usager dans une action de co-création.

La représentation actuelle de l’innovation est celle d’un changement (technique, managérial, organisationnels…) connecté avec un système complexe des acteurs qui portent cette innovation, système qui est aussi transformé par cette innovation.

La dimension cognitive de l’innovation est essentielle, évidente quand il s’agit d’une innovation basée sur un nouveau savoir, une nouvelle application technologique de la science, mais aussi pour le fonctionnement des systèmes d’innovation ou les acteurs vont communiquer entre eux.

Un modèle spécifique a été proposé qui tient compte des approches des systèmes d’innovation et des relations entre acteurs, il a revêtu différents noms la sociologie de l’innovation, la sociologie de la traduction, ou sa généralisation à travers la théorie de l’acteur réseau (Action Network Theory : ANT).

Ce modèle considère que l’innovation elle-même est un "actant" d’un système d’acteurs. Le système « social » hybride mêlant acteurs humains et non humains a causé une controverse chez les sociologues. Cette approche c’est le fait que le succès d’une innovation n’est pas tant celui du a la performance que la capacité de cette innovation à se faire un réseau d’alliés qui vont l’adopter et en faire la promotion. L’intérêt de la théorie c’est de décrire précisément la façon dont ces alliés vont être ‘enrôlés grâce à un mécanisme de traduction.

Dernière mise à jour le le 18-11-2013 par Christian Brodhag

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