Le Muskuwaari, un sorgho de contre-saison qui participe de la résilience des populations du Nord-Cameroun à la famine

Dans une région confrontée aux longues et harassantes saisons sèches, le gouvernement camerounais, à travers son bras séculier l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD), ne ménage aucun effort pour armer les paysans des variétés de culture résilientes ainsi que de bonnes pratiques culturales leur permettant d’être durablement à l’abri de la famine.

En cette période de récolte du sorgho de contre-saison appelé le Muskuwaari, dans les plaines du Diamaré, Abdoulaziz Ousmanou, producteur de la localité de Baïnawari (Maroua, région de l’Extrême-Nord du Cameroun) affirme :

«Le sorgho en général et le repiqué en particulier est très important pour nous les populations de l’Extrême-Nord. Mon hectare ici cultivé va me permettre de nourrir ma famille qui est d’ailleurs très grande. 

Il faut reconnaître qu’étant dans une région où la saison pluvieuse est très courte, le sorgho de contre-saison nous permet de compléter les provisions issues de la récolte du sorgho pluvial pour assurer la couverture alimentaire familiale toute l’année. Le Muskwuaari est utilisé dans la fabrication du ‘’Bili-bili’’, boisson locale très consommée par des populations du Grand-nord. Il sert également de fourrage du bétail. 

Pour ses vertus nutritionnelles, nous préférons de plus en plus le Muskuwaari au sorgho pluvial. Nous avons des difficultés d’avoir la main-d’œuvre en période dé récolte comme celle-ci. Avec cette superficie, je peux récolte une quinzaine de sacs (de 120 kg chacun). Une quantité bien suffisante pour nourrir ma famille».

Pour mémoire, le sorgho de contre-saison (Muskuwaari) se met en place (avec les pépinières) en août, le repiquage est effectué en septembre-octobre voire novembre, en fonction des localités et de la pluviométrie. D’après les chercheurs de l’IRAD que dirige Dr Noé Woin, la plante évolue (sur les vestisols ou sols argileux) toute la saison sèche, grâce à l’humidité du sol libérée par la forte quantité d’eau stockée pendant la saison pluvieuse. La récolte se fait fin février-mars.

En plus de quelques écotypes locaux, les 10 variétés développées par l’IRAD sont : l’Adjagamari, le Bourgouri, le Madjéri crossé, le Madjéri non crossé, le Mandoueri, le Saf 40 crossé, le Saf 40 non crossé, le Soukatari, le Soulkeiri et le Tchangalari.

En revanche, et son nom l’indique, le sorgho pluvial est cultivé en saison pluvieuse, dans la partie nord du Cameroun : le semis en mai-juin et la récolte en septembre-octobre.


Modéré par : Redaction FINNOV

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