Élever des chenilles pour contribuer à la sécurité alimentaire et au bien être nutritionnel

  • par Bernard Brès
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  • 2016-01-19 15:35:08
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  • Réseau francophone de l'Innovation
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Les insectes sont bien représentés dans les écosystèmes terrestres et plus spécialement tropicaux. En Afrique, de nombreux peuples consomment des quantités importantes d’insectes, notamment en Afrique de l’Ouest et Centrale. Ils font partie intégrante de l’équilibre nutritionnel de certains peuples. Cirina butyrospermi communément appelée chenille de karité est une espèce présente au Burkina Faso et appréciée par les Burkinabés. Au vu de ses propriétés nutritionnelles exceptionnelles (63% de protéines, 15% de matières grasses, 2.25% de potassium, 0.18% de calcium, 0.023%  de fer, les  vitamines B12, A, D, E, K), l’entreprise sociale FasoPro a eu l’idée de valoriser cette chenille pour commercialiser des produits permettant de prévenir la malnutrition et de proposer une alternative à la viande. Afin de sécuriser son approvisionnement en matière première et garantir une meilleure qualité des produits, ainsi que la disponibilité en toute saison, FasoPro a bénéficié en 2014 d’un financement de Grand Challenge Canada (Les grands défis du Canada). Cette subvention a permis le démarrage effectif de la recherche sur l’élevage de la chenille de karité.

C’est ainsi qu’un programme de recherche axé sur trois grands points a été élaboré:

  • L’élevage de Cirina butyrospermi au laboratoire en partant des œufs de chenille jusqu’à l’obtention de chrysalides.
  • Les essais de rupture de diapause chez l’espèce (contrôle de l'éclosion de la chrysalide).
  • Les essais de confection de diète semi-artificielle pour nourrir les chenilles.

De façon pratique, le programme réalisé en collaboration avec l'Université de Ouagadougou, 2iE et FasoPro a consisté notamment à la collecte des oothèques sur le terrain, le suivi au laboratoire jusqu’à l’obtention de chrysalides afin d’entamer le second volet du programme.

Les travaux ont ainsi permis d'identifier :

  • La température convenable à l’incubation des oothèques pour l’obtention de larves de chenilles.
  • Le taux de réussite en chenilles comestibles.
  • Le taux de réussite en chrysalides.

A terme, les résultats de cette recherche permettront une production tout au long de l'année et pourront autoriser un passage à l'échelle semi-industrielle. L’entomophagie pourrait également contribuer à réduire la production de gaz à effet de serre issus de l’élevage.

Contact : technopole@2ie-edu.org

           



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